Archives mensuelles : octobre 2009

Résumé du Café Philo du 25 septembre 2009

« Structures psychiques et collectives » par J. Roux

Voir le schema à l'adresse: http://appeladebat.free.fr/Politique.html

Le schéma que je propose en rectangle restitue non pas une cartographie de l'entendement et de la raison, comme l'a proposé Kant, mais une cartographie des troubles de l'entendement, cartographie des purs troubles de la pensée pure, car même pure, elle reste troublante pour son propre sujet et troublée par ses propres objets. L'échec de la raison pure kantienne ou nous sommes rendus et contrits, renvoie peut-être à ce que son  » ordre  » et sa juridiction désignent beaucoup mieux les blessures de la raison que ses puissances.
L'idée de cet appareil conceptuel, ou plutôt de cette machine de fonctifs, m'a donc été dictée (voir  » Cadres « ) par deux ou trois machines diagrammatiques historiques semblables dans la forme :
– D'une part la table des catégories de Kant, architecture et squelette de la raison pure, si ça existe, sorte de fondement encore à l'oeuvre, même pour ceux qui crachent dessus, dans la croyance cartésienne et rationnelle de l'honnête et modeste citoyen, un peu raide dans la présentation (la table), non pas par le fait des concepts, mais par celui de la disposition ou de la géométrie littérale de l'objet, non commentée par Kant (la qualité jouxtant la quantité avec laquelle elle est pourtant en opposition dialectique, et de même la relation et la modalité).
– D'autre part et surtout, la diagrammatique schizo-analytique de Félix Guattari ( » Cartographies schizoanalytiques  » éditée chez Galilée en 89), qui est aussi une machine molle de concepts flous,  » artistique « , mais présentée dans un rectangle hyper fonctionnel, sorte de quadrature du monde de la subjectivité très opérante, et dont l'application au champ nosographique, n'avait curieusement plus été reprise depuis l'aboutissement kretschmérien des caractérologies de l'époque romantique.
– La place de Lacan a évidemment toute sa charge d'ambiguïté dans cette histoire (comme partout ailleurs d'ailleurs) puisque à la fois il a proposé cette topologie, donc cette typologie, qui permet de se défausser de la conception pascalienne des infinis, et qu'il avance un certain nombre de présentations quadrangulaires, la plus politisée d'entre elles (les quatre discours) n'étant pas forcément la plus probante, et qui ne peut j'imagine, qu'avoir fortement suscité une bonne partie de la recherche de Guattari.
Plus curieusement encore, Guattari ne fait pas référence à la table kantienne des catégories malgré l'« évidente » correspondance :
– entre la catégorie de la relation et les fonctionnements de territorialité existentiels, subjectifs et sentimentaux, ce que j'affecte ici au domaine nosographique de l'hystérie,
– entre la catégorie de la qualité et les fonctionnements de flux énergético-signalétiques que j'affecte ici au champ de la schizophrénie,
– entre la catégorie de la modalité et les fonctionnements des phylums spéculatifs, matériels et informationnels que j'affecte ici aux procédures obsessionnelles de la pensée,
– entre enfin la catégorie de la quantité pour ne pas dire de la kantité, et les fonctionnements des univers incorporels de référence et de représentation, que j'affecte ici enfin et parce que c'est le domaine de la théologie en milieu capitalistique, à la paranoïa.
Les correspondances philosophiques avec les quatre coins du diagramme peuvent ici être systématisées au-delà de la seule référence à Kant, puisqu'il en va un peu de l'histoire de la subjectivité qui est l'histoire de la philosophie, si nous sommes encore si encombrés de ces questions sur la folie :
On pourra donc reprendre le quadrilatère et y situer :
Les éléments des présocratiques et des stoïciens (eau-air-terre-feu et humide-sec-froid-chaud), dont il faudra simplement noter qu'ils se situent en alternance de phases avec les humeurs ce qui distend la théorie galénique des tempéraments et des humeurs sans la détruire, lui conférant plutôt une sorte de nouvelle fonctionnalité. J'en propose donc ici une présentation reconsidérée à partir des travaux de Panowski.
Les catégories de la causalité utilisées depuis Aristote jusqu'à Descartes : causes matérielles, causes efficientes, causes formelles, causes finales.
Les catégories des prédicables chez Aristote, prédicant du genre, de la substance (c'est à dire de la  » définition « ), du propre et de l'accident, dont la métaphore avec les catégories de la psychopathologie moderne peut paraître évidente voire triviale : Le paranoïaque se préoccupe du genre, le schizo, de la substance, l'obsédé du propre, et l'hystérique de l'accident.
La méthodologie cartésienne  » pour la direction de l'esprit « , par déduction, induction, analyse et synthèse. Il me semble aussi assez intuitif et évident de postuler que le paranoïaque procède par la synthèse, le schizo par l'analyse, l'obsessionnel par déduction et l'hystérique par induction.
Les moyens de la pensée correspondants aux précédentes catégories chez Descartes, l'entendement, l'imagination, les sens et la mémoire pourraient aussi être mis ici en correspondance.

Cette formulation présente aussi l'intérêt de poser les deux ou trois axes de lecture du schéma avec:
1- l'axe vertical de la dépression et de la manie, et qui peut servir de ligne de pli au graphique,
2- l'axe horizontal logico-discursif synthétisant lui même
– l'axe oblique descendant de l'angoisse allant de la culpabilité à la phobie (la « névrose »)
– l'axe oblique ascendant du délire allant du pâle dissociatif détaché et pôle psychorigide productif (la « psychose »).
Les quatre  » pôles  » principaux (hystérie, névrose obsessionnelle, schizophrénie, paranoïa) sont en opposition et en alternance dynamique, et c'est là que réside la logique qu'on dira  » structurelle  » du schéma.
Ils sont en correspondance mutuelle avec les quatre grands types de perversions mis en évidence par la bonne psychiatrie du XIXè¨me siècle (exhibitionnisme, voyeurisme, masochisme, sadisme).
A opposer aux  » personnalités  » ou du moins à inscrire avec elles dans un rapport d'alternance, je distingue quatre modalités ou quatre dispositions essentielles de la machine d'expression sémiotique, que l'on pourra, pour la forme, appeler  » tempéraments  » :
– Celle qui génère des signes en produisant de l'agitation corporelle, l'anxiété du bilieux et l'hypomanie, pouvant donner lieu sur un mode pervers à la boulimie qui est peut-être la seule façon de la calmer dans l'instant efficacement.
– Celle qui générer des signes en produisant de l'inhibition corporelle, l'évitement du lymphatique et l'apragmatisme, pouvant donner lieu à une attitude perverse défensive efficace dans tous les cas : la neutralité.
– Celle qui génère des signes en produisant de l'agitation mentale et discursive, la logorrhée du sanguin et l'hypochondrie, pouvant donner lieu sur un mode pervers à la mythomanie que je conçois pour ma part plus comme une perversion que comme une psychose.
– Celle enfin qui génère des signes en produisant de l'inhibition mentale et discursive, la dépressivité du mélancolique et la dépression, pouvant déboucher sur le mode de la transcendance perverse à l'ascèse anorexique ou à l'anorexie mentale que je place aussi dans ce schéma et dans mon jugement plutôt du côté des perversions.
Il y a des rapports d'exclusion mutuelle : par exemple on ne peut pas voir se déplacer une structure hystérique dans le sens de la pathologie obsessionnelle. Les degrés d'angoisse à franchir seraient insoutenables. Par contre des glissements de structures sont concevables entre affections collatérales, et les opposés peuvent se rejoindre par l'extérieur, comme par exemple anorexie et boulimie … ? Si du moins le diagramme fonctionne, ce qui remettrait en question la très sainte impénétrabilité des structures névrotiques et psychotiques.
Cette  » structure molle  » présente donc un  » centre  » qui rejoint l'extérieur, par la face du  » cycle  » que l'on ne peut en fait ni formuler ni mentaliser du fait de l'angoisse et de l'urgence ressentie en dehors des champs stables de la subjectivité.
Les angles et les côtés du rectangle bleu et vert donnent à la machine sa consistance présumée : à l'angle il y a le coté casse pied de la personnalité et du pathos, et sur la ligne, il y a la régularité du tempérament. Dans tous les cas, on trouvera sur la périphérie la chronicité, la fiabilité et la pérennité de la  » structure « , vilain objet du méchant structuralisme. En s'approchant du centre par contre on s'approche de l'aigu « , de l'urgence, du  » processus  » cher à Jaspers et à Henri Ey. L'extérieur peut à l'infini rejoindre le centre mais on ne sait jamais par quel chemin, et les coins peuvent aussi se rejoindre, bras dessus bras dessous, en diagonale, mais ces retrouvailles à l'infini stipulent des formes extrêmes sur lesquelles on ne peut pas dire grand chose. Ce qui peut se décliner est écrit ici dans le cadre (répétition).
La machine présente l'inconvénient (ou l'avantage) d'un décalage permanent d'un huitième de tour entre les  » humeurs  » (ou  » tempéraments  » de l'antiquité), et les  » personnalités  » (ou » éléments  » de la tradition antique). En définitive il est bien compréhensible que le subjectif se trouve toujours en décalage de phase avec la nature : on pansera ici les éléments (du psychisme), aux coins du rectangle, comme pathologie de la représentation et donc de la personnalité, c'est à dire de la culture, (l'hystérie, la paranoïa, l'obsession, et la schizophrénie), et les humeurs sur la ligne de continuité, comme pathologies de l'expression et donc du tempérament c'est à dire de la nature de l'être (l'évitement psychasthène et athymhormique du flegmatique, la boulimie épileptoïde et affectée du bilieux, la mythomanie érotomane et histrionique du sanguin, l'anorexie idéaliste et psychorigide de l'atrabilaire).
Au-delà de ces dispositions qui étaient celles du texte antérieur à 2002, je me suis permis l'association des modalités de fonctionnement institutionnelles et donc de gouvernement qui figurent sur le document que j'ai distribué et que je reconduis ici en fin de page : les formes de gouvernement aristotéliciennes notamment en y intégrant l'anarchie d'une manière très théorique au registre des régimes « dégénérés ou « pervertis » ce qui a pu faire réagir certains mais j'avoue que je ne sais où placer ailleurs ce concept, ni comment nommer autrement le renoncement de principe à toute forme de gouvernement.

Publier
[del.icio.us] [Digg] [Facebook] [Google] [LinkedIn] [Reddit] [Twitter] [Email]

Gueux’s Party – Samedi 17 octobre – Saint Saturnin lès Apt

Samedi 17 octobre dès 19 h 00 à la salle des fêtes de SAINT SATURNIN LES APT
Thème : La rayure. Venez rayé(e)s !

Au Programme
> Idées en soirée
19 h 00, Xavier BOUTIN, architecte, nous livre ses réflexions sur le thème de la rayure sous ce titre : La rayure 2 : Lavande
> Théâtre
20 h 00, Jacques Huissoud et Laurent Fléchaire, comédiens de Scèn »Sat : Théâtre en « chanter ».
20 h 30, « Etre les boules » de Jean-Louis Gauthier, avec Bruno Pitot, http://www.phpaide.com/?langue=fr Jean-Louis Gauthier et un acteur surprise : Les origines du « jeu provençal » au travers de tableaux successifs depuis le moyen-âge jusqu »à nos jours. Farce comique mais réaliste.
> Interlude culinaire :
Vente de sandwichs et de boissons
> Musique
21 h 00, FREE BEANS : Blues agricole
22 h 00, THE CREVETORS : rockabilly garage – punk, rock aquatique
23 h 00, POLITICS LOVE AND COMPANY : pop rock
> Cinéma
Diffusion sur grand écran, dans la salle de cinéma, de film, de courts-métrages et de clips vers 21 h et jusqu »au bout de la
soirée : Pierre BONZON, réalisateur : Atoo Much, Portes, Terrain Vague, Pierres d »attente 3″30″ », Respect pour les vieux

ENTREE : 7 euros
Renseignements
Gina FAIVRE (Association DADA) : 06 81 61 35 33

Publier
[del.icio.us] [Digg] [Facebook] [Google] [LinkedIn] [Reddit] [Twitter] [Email]

PEINDRE EN PROVENCE cours 2009-2010

PEINDRE EN PROVENCE – Présentation du cours 2009-2010

dates : 7 octobre, 10 novembre et 2 décembre

L »an passé lors notre méditation nous avons essayé de comprendre la force de la parole de Hegel : l »art est, pour l »essentiel, chose du passé.
Nous voulons comprendre l »art contemporain, son sens, sa destination. L »art d »aujourd »hui dans ses manifestations les plus à la mode, les plus voyantes, ne nous offre-t-il pas le spectacle d »un art qui serait l »art de la fin de l’art? Beaucoup de signes nous ont permis de mesurer la portée et la validité de cette haute et audacieuse pensée de Hegel : l »art de la fin de l »art est un art ironique, provocateur, conceptuel, minimaliste qui se retourne contre l »art lui-même. Il est donc possible ce n »est pas le jugement d »un béotien, ou d »un idiot abruti par la consommation capitaliste, qu »à part cette auto-deconstruction de l »art, l »art n »ait plus rien à nous dire de sérieux, de « substantiel », comme dit Hegel.
Nous sommes toujours dans ce même questionnement que nous poursuivons car nous en avons compris sa légitimité, grâce à l »Esthétique de Hegel. Mais cette année nous allons nous diriger vers le thème du sublime, et en particulier du sublime kantien. Pourquoi ?
Réponse qui anticipe sur tout le cours de l »année qui vient : l »enjeu philosophique du sublime est de poser la question de l »essence de l »art, et peut-être de tracer un ligne de pensée qui s »émanciperait de Hegel ou du moins nous permettrait de comprendre le cercle dans lequel il se meut et nous meut encore aujourd »hui avec lui.
L »idée serait que l »auto-déconstruction de l »art ne serait pas tant le signe d »un épuisement, donc d »une mort, mais relèverait d »une volonté active, affirmatrice qui cherche à travers la torsion et la souffrance imposé au sensible à faire dire au sensible ce qu »il ne peut dire. S »attaquer au sensible en tant que tel c »est tenter de sortir ou de modifier le statut de l »esthétique (aistésis= sensibilité). Mais alors nous ne sommes plus dans une esthétique du beau (puisque le beau est la manifestation sensible de l »Idée : Hegel). Nous quittons l »esthétique du beau où se situe seulement Hegel, ou bien nous proposons une autre esthétique. Peut-il y en avoir deux ? Une du Beau et une autre qui serait esthétique d »autre chose, qu »on dira être celle du sublime.
Hegel aurait définitivement raison si le beau n »avait pas toujours, dès le départ, été travaillé par une esthétique du sublime, et du sublime à prendre en un sens kantien ou voisin de lui.
Ce que cela recouvre plus concrètement, laissons-nous le temps de le chercher au cours de cette année.

Philippe Mengue

Publier
[del.icio.us] [Digg] [Facebook] [Google] [LinkedIn] [Reddit] [Twitter] [Email]