Archives mensuelles : octobre 2011

Café Philo du 21 octobre : L’INATTENDU

L »INATTENDU, Café Philo présenté par Catherine Couzinet, Vendredi 21 octobre 2011 à 18h30 à la Galerie Chapo

Le prochain café philo présenté par Catherine Couzinet : « L’INATTENDU » se tiendra à la Galerie Chapo où nous sommes invité par Stéphane, Gwen et Benoît pour leur vernissage Vendredi 21 octobre à 18h30.

La galerie Chapo (04 32 50 13 89) se trouve avant Gordes en venant d »Apt (prendre la D2) sur la droite, tout juste avant l »auberge des « Carcarilles ».

Se munir d’une boisson et d’un plat !

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Séminaire DÉSIR ET AMOUR COURTOIS à Apt

Le Séminaire DÉSIR ET AMOUR COURTOIS est organisé en collaboration avec la Maison du Parc du Luberon

Tous les séminaires se tiendront, de 18h à 20h, à la Maison du Parc du Luberon, 60 place Jean Jaures, APT, Vaucluse, 84400

les jeudis 20 octobre, 03 novembre, 17 novembre, 8 décembre, 12 janvier

DÉSIR ET AMOUR COURTOIS
(Devenirs imperceptibles II)

Le séminaire de cette année, qui vient à la suite de celui qui portait sur les devenirs imperceptibles, se délocalise (Paris vers Apt) et se propose d’examiner le lien de l’amour courtois avec la théorie lacanienne et deleuzienne du désir. Deleuze et Lacan se réclament également de l’amour courtois et le posent également dans les parages du désir pur. Quel lien le fin amors entretient-il avec le désir chez l’un et chez l’autre ?

L’objet de ce séminaire n’est pas prioritairement d’opérer les machines a sous en france un commentaire de chacune de ces œuvres. Elles sont plutôt mises en position transversale par rapport à notre propre discours qui s’en sert à la fois comme appui théorique et comme ligne d’orientation. L’amour courtois, celui que le chevalier porte à sa Dame, ne sera pas sans vérifier qu’on se situe dans cette zone d’indiscernabilité du désir, que Deleuze nomme « devenir imperceptible ». On y verra comment s’opère dans l’amour courtois l’affranchissement vis-à-vis de la loi du plaisir et comment se construit un désir (amour pur, fin amors…) — dont le moins qu’on puisse dire est qu’il est désintéressé et qu’il constitue un véritable au-delà du plaisir et de son principe.

Interventions prévues :

Pierre Pessemesse, historien et écrivain occitan, « La poésie des troubadours et la naissance de l’amour courtois », le 03 novembre.

Une ouverture est prévue avec la compagnie Lezards bleus-Antoine Le Ménestrel, qui donnera le spectacle « L’Aimant » : Danseur-chorégraphe Antoine Le Menestrel, Régisseur sol : Jean-Luc Bichon ; Chanteuse: Laure Marie, Musique: Baldassar Castiglione.

Hervé Castanet, Psychanalyste, Professeur des universités, Membre de l’Ecole de la Cause freudienne : « Psychanalyse et amour courtois », le 8 décembre

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Compte-rendu du Café philo du vendredi 30 septembre

Le café philo présenté par Diane Bertrand, qui répondait au titre :

« Comment filmer le temps au cinéma ? » fut à la foi riche et difficile.

Très riche de par les apports de Diane sur son travail de metteur en scène, sur la fabrication d’un film (les rapports entre cadrage, plan séquence, montage) sur la diversité des rythmes de temporalité selon les auteurs, et aussi par les apports de l’assistance.

Très difficile pour le philosophe. Je vais insister sur ce point.

La philosophie est l’art des questions, des problèmes, leurs inventions, etc. Or, bien plus qu’au début de nos cafés, il nous est de plus en plus difficile d’accéder à des questions, de dégager des problèmes. On assiste à des monologues qui se succèdent sans entrer en débat ou discussion avec les autres interventions, des interventions qui ne font pas problème avec elle-même, ni, surtout, qui ne se rapportent que lointainement à la question du jour. Celle-ci semble aller de soi.

La description, la narration, le compte rendu du travail cinématographique sont absolument nécessaires, mais ils ne pouvaient être suffisants si l’on avait pas auparavant pris la mesure du problème philosophique.

Qu’est-ce qui manquait et qui sur le plan philosophique nous laissait sur notre faim ?

De définir le problème. Le problème surgit quand on tient compte de l’impossibilité de filmer le temps lui-même. On filme des mouvements, pas le temps. Il est indirectement exprimé par des signes et il est construit par le montage qui se rapporte au Tout (ouvert) du film, soit au temps total qu’est le film. Pas de cinéma sans image en mouvement. C’est sa matière. Si donc le temps est réductible au mouvement (ou à sa mesure, Aristote), il n’y a pas de problème. La question est d’emblée résolue : « comment filmer le temps ? », — « eh, bien ! faites des images-mouvements, n’importe lesquelles, c’est à dire du cinéma ». Soit mais c’est plus la peine de faire un café philo !

On a, certains ont bien senti que la question visée était autrement plus difficile que la réponse donnée implicitement (faute d’avoir envisagé le problème), qu’elle était moins décevante et moins banale. Pourquoi ? Parce que le temps est en lui-même invisible. Toutes choses sont vues dans le temps, mais le temps lui-même ne se voit pas (nous, les philosophes modernes, sommes dans une problématique kantienne). Si le temps n’est pas visible, alors on ne peut le filmer. On filme seulement des mouvements. Il n’y a donc pas de présentation directe du temps.

Après une trop grande facilité et banalité qui font disparaître toute question, on est maintenant confronté à un impossible !

Cette question, et cette impossibilité, un seul philosophe les ont pris en compte. C’est pas de ma faute, c’est Deleuze.

J’ai tenté d’en dire deux mots en rattachant de façon concrète ses concepts (dont le très poétique « cristal de temps ») au film de Diane, « L’Annulaire », puis en évoquant le « trop tard » de Visconti dans le « Guépard » (top tard pour le Prince, trop tard pour la Sicile) comme dimension hétérogène du temps vis à vis des présents qui passent (la révolution, Garibaldi, etc.). Dans cette disjonction, bifurcation des deux temps, Deleuze nous invite à voir le jaillissement du temps lui-même.

La science est très importante et d’un grand poids. Mais les scientifiques n’ont pas le monopole du temps. Ceci en introduction pour resituer une partie du débat de hier soir (et aussi passé et sans doute à venir). La science n’a pas le monopole de la pensée et ses conceptions ne font pas loi dans d’autres domaine de la pensée dont l’art et la philosophie. Il peut y avoir échange, emprunts mutuels féconds (comme on l’a évoqué), mais la science n’a aucune souveraineté (sinon la philosophie n’existe plus, comme dans le positivisme). La philosophie reste libre d’élaborer ses concepts d’être, de temps, de réalité… Einstein a inventé le « temps » comme quatrième dimension (pour les besoins de ses problèmes de physique). Très bien. Kant invente un temps « out of join » (hors de ses gonds, Shakespeare), affranchi du temps aristotélicien. Très bien. Deleuze invente le « cristal de temps ».

Pourquoi les créations philosophiques auraient-elles à se soumettre à la science, à moins qu’on n’ait déjà posé en sous-main que La Science est seule détentrice de vérité ? De même le rapport du temps de la relativité avec ses paradoxes a été souvent utilisé au cinéma, de façon plus ou moins intéressante. Très bien. Mais il n’y a là nulle obligation pour le cinéaste de s’en tenir à cette approche scientifique. Le cinéaste, comme tout artiste, invente des blocs de perceptions et de sentiments (comme le « trop tard ») qui sont autant de temps ou de possibilités de présenter directement le temps que, de son côté, le philosophe (Kant, Bergson, Deleuze, pour les modernes) a à construire des concepts nouveaux de temps.

Philippe Mengue, le 1er octobre 2011

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