Archives mensuelles : mai 2014

Questionnaire pour faire connaissance avec « Faire l’idiot », la dernière parution de Ph engue

  1. Pour présenter le livre de Philippe Mengue, « Faire l’Idiot. La politique de Deleuze« , paru le 27 février aux éditions Germina

  2. 1) Qui êtes-vous ? !

Question simple, naïve et spontanée à laquelle je répondrai avec la même simplicité et naïveté (pour éviter les abîmes d’interrogation et le vide qui s’y profilent).

Je suis un professeur de philosophie qui a enseigné avec bonheur et qui a toujours privilégié la recherche de nouveauté. Je me suis passionné pour la philosophie française contemporaine et j’ai eu pour maîtres les grands philosophes des années 70 dont Lyotard, (avec qui j’ai fait ma thèse sur Sade), Foucault, Deleuze, Lacan, Derrida…

Face à la bureaucratisation toujours plus pointilleuse et mesquine de nos vies privées (nouvelle forme de gouvernementalité qui n’est de l’ordre ni d’un fascisme ni d’un totalitarisme), ces auteurs nous apprennent, toujours aujourd’hui, à dégager des lignes de fuite, de liberté et de désir, qui fournissent comme une forme de réponse, de résistance à notre situation actuelle.

Mes recherches actuelles, hormis la pensée de Gilles Deleuze, concernent une métaphysique du sport (à paraître chez Germina) et la sorte de mystique (« païenne » ou d’immanence) qui me semble faire relais à une Europe lasse de la médiocrité de son matérialisme sans souffle et si pauvre en création.

  1. 2) Quel est le thème central de ce livre ?

Nous avons besoin d’une autre pensée du politique, non axée prioritairement sur le pouvoir de l’Etat, sur les partis politiques qui visent à le conquérir, sur le sens enfin de l’histoire et de son supposé progrès. L’intérêt de la philosophie politique de Gilles Deleuze, est de nous aider à penser une « micropolitique » dont le personnage de l‘idiot en est le modèle figuré, concret, très parlant.

L’Idiot et non l’imbécile. Il nous faut en effet un personnage de ce type qui se soustrait aux savoirs arrogants des partis et des visions du monde, pour, grâce à sa simplicité, ouvrir le champ du problématique sous l’institué (faire apparaître le contingent dans le nécessaire et le doute sous l’évident), et, par là, se rendre sensible, réceptif aux nouveaux possible qui se cherchent.

La philosophie de Gilles Deleuze est beaucoup plus simple et abordable qu’il n’y paraît, elle part d’une intuition largement partagée, et surtout elle ne peut être réduite à la sorte de gauchisme révolutionnaire à laquelle on l’assimile trop souvent.

  1. 3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

Faire l’idiot est la tâche de la philosophie (Deleuze) et permet à la politique de ne pas se réduire à une simple gestion et à une police.

 

 

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

Par exemple le chant de l’oiseau, frais et gai, ironique, qui, dans le Siegfried de Richard Wagner, accompagne dans la forêt le héros ingénu, sans savoir, qui ignore tout, même la peur et ne rêve que de courir le vaste monde à la recherche d’aventures.

5) Qu’aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

J’aimerai les faire accéder à une compréhension claire et aisée de la pensée de Gilles Deleuze et leur faire partager une certaine complicité quant à sa conception de la politique de l’idiot.

Publier
[del.icio.us] [Digg] [Facebook] [Google] [LinkedIn] [Reddit] [Twitter] [Email]