Université Populaire d’Avignon (UPA)

Les cours de Philippe Mengue à Université Populaire d’Avignon (UPA)

Reprise des cours à l’UPA – Avignon

chers amis,

L’Université Populaire d’Avignon reprend ses cours

Je commencerai, le mardi 4 nov 2014 à 18h30, au grand amphi, suivi d’une autre séance à 20h à la Faculté des sciences (études de quelques textes et dialogue avec le public).

Quelques éléments pour une critique de la démocratie
En partant de phénomènes concernant les restrictions sur la liberté d’expression au sein des démocraties « avancées » et libérales qui sont les nôtres, et en m’appuyant sur un auteur comme Léo Strauss (La Persécution et l’art d’écrire), je tente de dégager une interrogation critique sur les Droits de l’Homme qui sont au fondement de cette démocratie : quel rôle leur fait-on présentement jouer ? Pour l’émancipation, comme ce fut le cas au XVIII°, ou en partie pour éradiquer des formes de résistance et exercer un rôle tyrannique ? Pour promouvoir de plus en plus une « démocratie d’indistinction », une démocratie qui soit de plus en plus homogène et lisse, adaptée au capitalisme mondial (grâce à la liquidation des poches de résistance qui restaient après la religion, mélange et disparition des cultures et des cultures politiques, harcèlement aux identités, abolition des Nations, démantellement de la famille…). Ce qui est interrogé c’est le rationalisme des Lumières (et le notre, avec sa bien pensance) et la pensée normativante qui est au fondement de la démocratie contemporaine, avec les Droits de l’Homme. Sade y sera convoqué.

La visée, on s’en doute, n’est pas de soutenir une négation de la démocratie (qui aboutit à l’enfer de la guerre civile et au terrorisme armé) mais de procéder à son « ouverture ». Ouverture à autre chose qu’elle-même et qu’elle devrait pouvoir ne pas refouler (en le mettant au compte de l’archaïsme et du néo-conservatisme, par exemple). Nécessité donc d’une ouverture, à partir du monde et du politique, à ce qui est autre (autre que le monde et le monde politique), à savoir le non sens ultime qui annule ses droits fondamentaux et qu’elle recouvre et interdit, à sa manière, de parole. Cette ouverture serait peut-être une des conditions de son renouvellement si nécessaire, s’il peut du moins encore y en avoir un.

Voici des auteurs contemporains qui sont capitaux pour cette question, quoique peu lus du grand public :

Jean-Luc Nancy  :

— La Communauté désœuvrée, éd. Bourgois, 1986

— La Vérité de la démocratie, éd. Galilée, 2008

Maurice Blanchot :

— La Communauté inavouable, éd. De Minuit, 1883

Chez ces auteurs, dont

Derrida,

— Le concept du 11 septembre, (avec Jürgen Habermas), éd. Gallilée, 2004,

— Cosmopolites de tous pays, encore un effort ! éd. Galillée, 1997,

la philosophie de Heidegger commande de façon sous-jacente nombre de concepts et de questions. En alternative, si c’en est une, voir

Alain Badiou,

— L’Hypothèse communiste, éd. Lignes, 2009 ;

— D’Un désastre obscur, éd. de l’Aube, 1991 ;

voir aussi :

Jacques Rancière,

— La Haine de la démocratie, éd. La découverte, 2005

Le mieux se trouve peut-être, quand on n’a pas trop de temps, dans un aperçu d’ensemble donné par un collectif d’auteurs dans : La Démocratie, dans quel état ? , éd. La fabrique, 2009

Philippe Mengue
Chemin de l’Oratoire
84480 BUOUX
0490746410

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Quelques éléments pour une critique de la démocratie, UPA, séance du 4 nov 2014 à 18h30

En partant de phénomènes concernant les restrictions sur la liberté d’expression au sein des démocraties « avancées » et libérales qui sont les nôtres, et en m’appuyant sur un auteur comme Léo Strauss (La Persécution et l’art d’écrire), je tente de dégager une interrogation critique sur les Droits de l’Homme qui sont au fondement de cette démocratie : quel rôle leur fait-on présentement jouer ? Pour l’émancipation, comme ce fut le cas au XVIII°, ou en partie pour éradiquer des formes de résistance et exercer un rôle tyrannique ? Pour promouvoir de plus en plus une « démocratie d’indistinction », une démocratie qui soit de plus en plus homogène et lisse, adaptée au capitalisme mondial (grâce à la liquidation des poches de résistance qui restaient après la religion, mélange et disparition des cultures et des cultures politiques, harcèlement aux identités, abolition des Nations, démantellement de la famille…). Ce qui est interrogé c’est le rationalisme des Lumières (et le notre, avec sa bien pensance) et la pensée normativante qui est au fondement de la démocratie contemporaine, avec les Droits de l’Homme. Sade  y sera convoqué.

La visée, on s’en doute, n’est pas de soutenir une négation de la démocratie (qui aboutit à l’enfer de la guerre civile et au terrorisme armé) mais de procéder à son « ouverture ». Ouverture à autre chose qu’elle-même et qu’elle devrait pouvoir ne pas refouler (en le mettant au compte de l’archaïsme et du néo-conservatisme, par exemple). Nécessité donc d’une ouverture, à partir du monde et du politique, à ce qui est autre (autre que le monde et le monde politique), à savoir le non sens ultime qui annule ses droits fondamentaux et qu’elle recouvre et interdit, à sa manière, de parole. Cette ouverture serait peut-être une des conditions de son renouvellement si nécessaire, s’il peut du moins encore y en avoir un.

 

Voici des auteurs contemporains qui sont capitaux pour cette question, quoique peu lus du grand public :

* Jean-Luc Nancy :

—    La Communauté désœuvrée, éd. Bourgois, 1986

—    La Vérité de la démocratie, éd. Galilée, 2008

* Maurice Blanchot :

—    La Communauté inavouable, éd. De Minuit, 1883

 

Chez ces auteurs, dont

*Derrida,

Le concept du 11 septembre, (avec Jürgen Habermas), éd. Gallilée, 2004,

— Cosmopolites de tous pays, encore un effort ! éd. Galillée, 1997,

la philosophie  de Heidegger commande de façon sous-jacente nombre de concepts et de questions. En alternative, si c’en est une, voir

*Alain Badiou,

L’Hypothèse communiste, éd. Lignes, 2009 ;

D’Un désastre obscur, éd. de l’Aube, 1991 

voir aussi :

*Jacques Rancière,

La Haine de la démocratie, éd. La découverte, 2005

 

Le mieux se trouve peut-être, quand on n’a pas trop de temps, dans un aperçu d’ensemble donné par un collectif d’auteurs dans : La Démocratie, dans quel état ? , éd. La fabrique, 2009

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Cours à l’UPA : "Un monde sans erreur ? Nietzsche et la volonté de vérité", séance des 28 /1/14 et 4/2/14

Dans mon approche du problème de l'erreur, tout d'abord, je soulignerais la volonté croissante de la société contemporaine de vouloir pourchasser, éradiquer l'erreur, de vouloir en faire la prévention. Cette volonté est à rattacher à la VOLONTE DE SECURITÉ à tous prix, en tous domaines, qui détermine ce monde. Cette volonté va de soi. On tentera de la problématiser.
Une telle volonté n'est pas sans s'appuyer à une certaine « volonté de savoir » qui en est son corréllat et son fondement. À elles deux, ces deux « volontés » (de puissance, de maîtrise) cherchent à construire un « MONDE SANS ERREUR » (ou sans Réel, dirait Lacan).
« La Raison », et un faux rationalisme (le scientisme, le positivisme), occupent le devant de la scène, ne légitimant d'autres savoirs que ceux dits « scientifiques » et « techniques » et ne connaissant d'autre « rationalité » qu'instrumentale. Laissant la pensée dans une pauvreté et une platitude désespérantes et l'homme contemporain ne se voyant plus qu'au travers l'écran du Savoir (sciences dures et biologiques, sciences « humaines », anthropologiques, y compris) ressentant l'ennui de la machine comportementale, banale et sans singularité, qu'il devient (= l'homme neuronal, la pensée comme neurone et comme procédure technique).
C'est pour une telle image de la pensée que l'erreur est platement définie comme le négatif du vrai, du savoir.

Par opposition, quel statut donner à l'erreur et donc à la vérité (sans laquelle l'erreur ne serait pas erreur) ?
Un rapide détour vers l'épistémologue Karl POPPER nous permettra de comprendre ce qu'est le rationalisme vraiment critique et de saisir quelle est la positivité féconde de l'erreur dans la production du savoir scientifique. Nous sortirons ainsi de la religion de La Raison qui assèche nos « âmes », ou nos « esprits »,ou nos cerveaux, comme on voudra dire, aujourd'hui.
Nous sommes donc amenés à penser la question : « quelle erreur serions-nous en train de commettre sur l'erreur en en faisant quelque chose de négatif à éviter ? » Heidegger a commis bien des erreurs (politiques, cf Bernard Proust), mais pas l'erreur (philosophique) de ne pas penser le statut ontologique de l'erreur. L'ERRRANCE, plus fondamentale, y a partie liée avec l'erreur. Par là il ouvre au nomadisme, et au penseur comme « wanderer » nietzschéen. Il lit Nietzsche pour comprendre cette montée en puissance de la « science », cette « volonté de savoir », ses dangers civilisationnels et la détresse pensante des modernes.

Nous verrons si avec Nietzsche peut s'ouvrir un autre savoir, un « gai savoir », un savoir nomade, qui tente de faire de l'erreur une alliée et une émancipation. Nietzsche/Deleuze y parviennent-ils vraiment ?
Des philosophes contemporains nous aiderons dans cette tache d'éclaircissements où l'erreur s'avérera plus importante et garante de liberté. La psychanalyse (lacanienne), élevée contre le réductionnisme contemporain (qui fait de la pensée un réseau de neurones), nous ouvrira des pistes. Mais d'autres penseurs aussi, comme Deleuze (au moins d'accord sur ce point avec la précédente, dans sa haine du positivisme, etc.). Quelle image a-t-on de la pensée quand son enjeu principale tourne autour de l'erreur ? Et si l'erreur détient une certaine positivité, quelle nouvelle « image de la pensée  » doit-on avoir ? Qu'est-ce que penser quand l'erreur n'est plus le grand danger à éviter ? Et que reste-t-il de la vérité ? L'abîme du non sens ? Que devient l'erreur quand penser devient « affronter le chaos ? » Ce sont ces questions que nous ne résoudrons certes pas, mais que nous serions contents de pouvoir esquisser.

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