Université Populaire d’Avignon (UPA)

Les cours de Philippe Mengue à Université Populaire d’Avignon (UPA)

L’UPA (Université Populaire d’Avignon)

L »UPA est un projet associatif et bénévole d »éducation populaire : gratuite, ouverte à tous, non-diplômante, elle offre toutes les semaines à tous ceux qui le souhaitent une réflexion collective et pluridisciplinaire sur un thème unique pour toute l »année (en 2009-2010, ce sera « La Modernité ».

Même si ce projet est soutenu par l »Université d »Avignon et par certains de ses professeurs, il en reste totalement indépendant. Ses buts sont essentiellement les suivants

  • Favoriser la diffusion des savoirs, de la culture et de l »esprit critique. L »UPA souhaite contribuer, dans la mesure de ses modestes moyens et dans un souci d »exigence intellectuelle, à satisfaire un désir croissant de connaissances.
  • Tenter de contribuer à l »amélioration de la mixité sociale en invitant autant que possible tous les publics à participer aux cours de l »UPA.
  • Créer un « îlot de gratuité », d »échanges désintéressés et de bénévolat, dans un monde de plus en plus envahi par les valeurs marchandes.
  • L »UPA veut être un lieu où les professeurs et les étudiants viennent d »abord pour le plaisir d »apprendre et d »échanger ensemble, sans en retirer ni salaire pour les uns, ni diplôme pour les autres.

L »organisation de l »UPA est assurée par une association de bénévoles. Selon ses statuts, elle « se donne pour mission de contribuer à l »amélioration de la diffusion populaire de l »esprit critique, des savoirs et de la culture ; mais aussi de favoriser le développement des échanges sociaux dans la cité, en incitant les citoyens à échanger des points de vue et des arguments raisonnés. Ce projet d »éducation populaire est mis en oeuvre hors des institutions universitaires traditionnelles, dans un esprit engagé de mixité sociale, de citoyenneté et de démocratie, de gratuité et de coopération mutuelle ».
Les principes fondamentaux de l »Université Populaire d »Avignon sont :

  • L »UPA est un espace public. Les cours sont donc ouverts à tous, sans aucune condition de diplôme, de niveau, ou d »âge.
  • L »UPA est un espace de gratuité totale :
  • Les enseignants sont totalement bénévoles et ne sont (donc) pas rémunérés.
  • Les étudiants de l »UPA ne payent rien et n »ont pas à s »inscrire pour suivre les cours, ne doivent rendre aucun travail, ne sont pas soumis à des examens. En contrepartie, ils acceptent l »idée qu »ils ne font cela que pour eux-mêmes, sans en attendre un quelconque diplôme
  • Conformément au précédent principe, l »adhésion à l »association n »est pas imposée pour avoir le droit de suivre les cours. Toutefois, les étudiants de l »UPA qui veulent soutenir le projet de l »association mais aussi participer activement à son fonctionnement et prendre part aux décisions peuvent évidemment en devenir membres en s »acquittant d »une cotisation
  • L »UPA est un espace démocratique : l »association qui la gère respecte les principes fondamentaux de la démocratie sociale. Par exemple, le choix des thèmes sur lesquels portent les cours comme celui des enseignants qui interviennent pour les réaliser font l »objet d »une discussion et d »un vote par l »assemblée générale des membres de l »association lors de la présentation annuelle du rapport moral par le président.
  • L »UPA dispense des enseignements de qualité : les cours devront procéder d »une volonté de nivellement par le haut. On peut parler, comme l »a dit Antoine Vitez à propos du festival d »Avignon, d’un véritable « élitisme pour tous » un oxymore a priori ; un pari difficile, mais pas impossible à tenir !

Plus d »informations sur le site de l »UPA : www.upavignon.org

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Présentation du cours, Année 2009-2010 à l’UPA

Calendrier des cours 2009/2010 <

CRITIQUE DU CONCEPT D »EPOQUE HISTORIQUE

Présentation du cours, Année 2009-2010 à l »Université Populaire d »Avignon (UPA)

Philippe  Mengue

« La modernité », thème choisi pour cette année à L »UPA, est une idée qui peut être interrogée en la resituant dans celle, plus générale, d »époque (cf. le découpage historique habituelle, qui structure jusqu »au programme d »enseignement de l »histoire : époque antique, médiévale, moderne). Avant de se demander ce qu »est la modernité, il conviendrait de questionner l »idée générale d »« époque » dont cette modernité fait partie : Y-a-t-il bien quelque chose comme une époque et donc quelque chose comme la modernité ?
Ces questions ouvrent un espace de pensée qui permet de dégager les présupposés communs aux différents discours sur « la » modernité (ou sa suite prétendue, « la » post-ou hyper-modernité).

I°) Mise en forme du problème.
Certes, on ne peut se passer de périodiser, soit de découper le temps historique en segments temporels qu »on appellent périodes ou époques. Ces notions ont pour elles, avant tout, la commodité :
1° Facilité et rapidité d »évocation et de large localisation d »un processus ou phénomène social.
2° Intégration d »un tel phénomène dans un ensemble détenant des caractéristiques communes et apparentes (= un air de famille) et donc détermination rapide, globale et apparente, des caractéristiques du phénomène ;
3° Valorisation, implicite ou non, du phénomène en question (archaïque, moyenâgeux ou, au contraire, « moderne », d »« avant-garde », « progressiste », etc.).
Cette raison instrumentale, pragmatique, qui donne sa légitimité  l »utilisation des concepts de périodes ou d »époques, ne peut cependant suffire à lui assurer un crédit philosophique, en entendant par « époque » une période de temps historique qui possèderait une unité et une totalité internes. A quelles conditions peut-on penser l »existence d »un principe commun qui permet de poser l »existence d »une essence commune, d »un « esprit » (ou d »un état du développement technique et économique qui donne sa base à cette esprit) pour chaque période envisagée et en particulier pour la modernité ?

II°) L »historicisme et sa logique
Kant, Hegel, Marx, chacun à leur manière ont développé une conception qu »on peut appeler « historiciste » et ont fondé philosophiquement l »idée d »époque en tant que réalité douée d »une nécessité interne. L »idée de progrès, qui définit l »histoire comme histoire du sens, est une des conséquences de cette promotion de l »idée d »époque et de « modernité », de « modernisation », etc.

III°) Questionnement et ouverture
Mais le soupçon nous vient, aujourd »hui, que cette conception de l »histoire et de ses époques serait propre à la seule modernité, soit à un seul des segments de cette histoire ainsi qu »à la seule conception qui ait prédominé pendant cette courte période, des deux derniers siècles, en gros. De là, notre problème : la modernité s »est pensée comme faisant une époque nouvelle (= la moderne) : mais il serait possible qu »elle soit seule à se penser comme « faisant époque ».
D »où la possible chute et de l »idée d »époque et de celle de modernité, et l »état de désamparement qui serait notre lot, « aujourd »hui » avec ce retrait ou ce reflux de l »Histoire qui a donné son fondement à l »idée de modernité : comment, en effet, nous penser, nous, dans ce facile adverbe « aujourd »hui » ou ce facile adjectif « contemporain » ? Quel sens lui donner qui ne soit pas l »absence de sens d »un fourre-tout ? Quels repères, horizons, etc., peuvent être les nîtres ?
Les arts semblent ignorer l »idée de progrès : en effet, ça n »a pas de sens de dire que Picasso ou Bacon sont en avance ou en progrès sur Le Tintoret ou Ucello. La théorie de l »art, reprise d »une manière philosophique, et au-delà de la problématique des styles et des époques (classicisme, baroque, etc.), pourrait nous aider à penser un temps et une histoire qui secondarise ces notions maîtresses (d »époque, de modernité) qui furent à la base de notre conception du « monde moderne ». La conception moderniste (sans doute issu de quelques aspects de la science et de la technique), avec ses idées de dépassement, de transgression, d »avant-garde, de progressisme, reste encore actuelle et prégnante dans la plupart des esprits et importe dans les arts une image faussée de la création.
L »art entretient un rapport spécifique avec le temps et son « espace » semble pouvoir accorder à la variété des styles, des manières et donc des « époques » qui coexistent une forme de simultanéité ou de contemporanéité qui invalide la chronologie historique. Comment penser le temps dans le champ de l »art ? L »hypothèse serait que la structure du temps à l »oeuvre dans la création et dans la pensée (art, philosophie) puisse fournir un analogon ou un point de départ pour penser le temps social. Donc : qu »en est-il de ce qui serait des embryons de pensée, post-historiques, post-modernes, et qui accorderait ses droits à une « geophilosophie » (Deleuze) plus qu »à la déjà vieille « moderniste » philosophie de l »histoire ?
De Foucault à Deleuze, en passant par Nietzsche et Heidegger, nous tenterons modestement, et hélas trop partiellement, de jalonner quelques aspects de ce parcours et de ce questionnement.

Ces cours sont gratuits et sont dispensés dans le locaux de l »Université d »Avignon (Sainte Marthe) tous les Mardis soir à partir de 18h30.
Pour consulter le calendrier des cours, cliquez ci-dessous :
Calendrier des cours 2009/2010

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