Identité nationale pour parer à 3 dangers

Qu »il faut débattre de l »identité nationale pour parer à trois dangers

Il n »y a pas si longtemps (à peine un an), dans certains milieux, avoir de l »attachement pour sa nation, la France, était honteux. C »était du nationalisme, voire du pétainisme, et beaucoup de journaux se faisait volontiers le porte-parole d »une telle attitude de pensée. Maintenant, depuis jeudi ou vendredi derniers, ce qui serait honteux c »est le fait même de vouloir débattre, réfléchir publiquement à ces questions d »identité nationale, au sein du peuple, dans ses quartiers, préfectures, ses écoles, ses mairies, ses lieux de rencontre, etc. Et la plus part des médias soutient à nouveau cette condamnation. Il serait ignoble, au dire de certains, de lier la question de l »identité nationale au fait de l »immigration et de la venue en France de la religion musulmane. Religion très différente du christianisme jusqu »alors prédominant et source des grands acquis de l »esprit européen (dont les Droits de l »homme qui en sont une cisation), de plus, religion toute nouvelle puisque très peu présente sur le sol français, il y a encore 40 ans : voilà  sans doute qui interroge. Quelle place faire à la religion musulmane au sein de la république et la cité à la française, comme au sein de l »identité française ? Pourtant ce sont des questions qu »il ne faudrait surtout pas poser publiquement, des questions qui doivent être interdites de narration, de réflexion dans l »espace public et dans les institutions de la république. Il serait, dit-on, extrêmement dangereux de participer à de telles rencontres, ce serait agir ou par naïveté ou par perversité. Naïf, on se laisserait piéger, car le débat est « instrumentalisé » par le pouvoir (« t »as pas vu que …», « c »est pas par hasard que …», etc.) ; ou bien (si pas naïf, alors pervers), on chercherait par ce débat à stimuler sournoisement la xénophobie, voir même le racisme anti-musulman, anti-immigré.
Quels que soient les motifs de cette condamnation, et même la pertinence de certains aspects de ce type de discours, cette attitude de rejet est néanmoins encore plus dangereuse que le danger qu »elle prétend contenir. C »est ce que je voudrais essayer  d »établir.
Il faut partir du principe que l »identité d »un peuple n »est rien (« la nature ne fait pas de peuples », dit Spinoza) si elle n »est fabulée. L »identité est objet de « fiction » (aux deux sens indissociables en ce cas de façonnement et de récit). Ce n »est donc pas une chose ou une substance (« même») ; l »identité d »un peuple, comme celle d »un individu, est une ipséité : soit une unité qui avant tout se pense, se réfléchit (comme on dit par exemple « nous-même ») et partant se raconte. Ce récit n »est pas fixé une fois pour toutes ; il est ouvert, en remaniements constants, surtout quand il se penche sur les origines online casino games et les racines passées ; c »est à une invention propre, rétrospective qu »il se livre alors, en fonction du présent, de ses problèmes actuels et de ses espérances futures. Mais quelle que soit la « fausseté » (arbitraire, contingence) des symboles, des noms, des imaginaires, des « mythes » auxquels un peuple s »attache momentanément mais inévitablement, il n »est pas possible de faire fonctionner le social sans un récit capable de fournir la base minimum d »un sentiment d »appartenance à une même communauté politique (ethnie, peuple, nation, empire, union des soviets, etc.).
De là  résulte que le refus de débattre revient à assécher cette veine fabulatrice, revient à couper court à la fabulation sans laquelle il n »est pas de peuple. Violence terrible à l »égard du peuple de la part de ceux-là mêmes dont la fonction et le prestige est ancrée ou en dernier lieu légitimé par la puissance de raconter. Priver un peuple de narration, c »est le priver de lui-même. Premier danger.
D »autre part, l »identité suppose un nom, un trait qui permet l »identification, soit, en l »occurrence le mot France. L »Un minimal se fait autour d »un nom, et ne peut être dissocié des fictions partagées, des narrations qui façonnent un peuple spécifique, singulier dans sa différence avec les autres peuples ou cultures, et qui veut, à partir de là , sa reconnaissance et son maintien historique, culturel, soit la possibilité de pouvoir continuer à se narrer et s »inventer. Où trouver ce nom ? Les Droits de l »homme peuvent-ils le fournir ? Les Droits de l »homme et les institutions de la « République » sont certainement essentiels, incontournables, mais insuffisants pour le problème posée par l »identité. Etant universels, ils ne peuvent à eux seuls sans contradiction permettre l »identification singulière d »un peuple. Pourquoi ? Parce que tout peuple est invité identiquement à devenir tel, soit à ne pas se distinguer des autres peuples. Par conséquent, « Français » n »a pas à être interrogé, il est sans figure, sans contenu ni consistance. Dans cette optique, nous ne formons pas une nation ou un peuple sans que nous ne soyons en même temps fondu ou confondu dans l »universalité ou l »uniformité de tout peuple démocratique. Il serait contradictoire que les droits universels auxquels le peuple français veut s »identifier puissent lui servir de différenciateur et donner à « français » un contenu déterminé. C »est un nom « blanc », vide et comme tel angoissant, désorientant. Abandonné, le nom peut être accaparé par plus redoutable … Quoi serait pire que cette interdiction (morale) à ne plus nous fabuler au nom même du droit des peuples à disposer d »eux-mêmes, c »est-à-dire à se fabuler ? Deuxième danger.
Enfin, et en conséquence, les différents récits de soi d »un peuple doivent pouvoir suffisamment résonner dans quelque chose qui les entraîne dans un même « souffle », une même ligne d »avenir, soit ce que Renan appelait l »âme ou l »esprit d »un peuple. Un récit partagé qui fonde un sentiment d »appartenance, voilà ce qu »est l »identité d »un peuple. Quelque chose comme un sentiment d »appartenance est nécessairement à la base du « vouloir vivre ensemble » et sans lui ce dernier disparaît faute de « volonté ». Le vouloir en question ne peut être entièrement rationnel et réduit à une ossature juridique ou constitutionnelle sans par là faire perdre à cet ensemble toute particularité différenciatrice (en vertu de l »argument précédent). Le refus du débat est alors nécessairement une blessure infligé au peuple, soit à son sentiment d »appartenance, à son vivre « ensemble ». Refuser de partager une réflexion, un débat sur le vivre ensemble c »est virtuellement ne plus déjà vivre ensemble, c »est scinder ce vivre ensemble en deux clans qui ne se parlent plus …Une France coupée en deux, et par ceux-là mêmes qui veulent par ailleurs l »unité profonde de ce même peuple. Troisième danger.
L »instrumentalisation est un argument sans doute valide mais second. De plus, il peut se retourner contre leurs utilisateurs, puisque cette notion sert d »alibi à une partie de ceux qui, faute d »une réflexion sur ces questions qui sont au fondement du politique, se trouvent gênés par le débat en question. Faire du débat sur l »identité nationale un sujet  tabou par peur du nationalisme conduit à le renforcer, car si les règles de vie communes (droits de l »homme, principes démocratiques, etc.) n »ont pas pour objectif de permettre à la singularité de chaque peuple de s »exprimer, à quoi peuvent-elles bien servir ? L »homogénéisation des cultures n »est-elle pas le pire des dangers, nous privant selon Claude Levi-Strauss de la plus grande des richesses, la diversité des cultures et des identités, pour une humanité qui n »existe qu »au pluriel ? Ce qui réclame débats et narrations n »est rien moins que l »hétérogenïse des cultures, notre finalité la plus urgente.

Philippe Mengue
Philosophe, auteur de Peuples et identités, éd. de la Différence, 2008

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6 réponses à Identité nationale pour parer à 3 dangers

  • Nieddu Jean dit :

    A l’heure où des dizaines d’intellectuels, écrivains, artistes, responsables politiques ont signé l’appel, lancé par « Médiapart », pour refuser le «grand débat sur l’identité nationale». Débat jugé «ni libre, ni pluraliste, ni utile», cette très pertinente analyse a le mérite de préciser qu’au contraire il y a urgence d’en débattre. Bravo Philippe car ne pas hurler avec les loups ni faire allégeance aux injonctions du pouvoir politique n’est pas facile ! Ceux qui te connaissent personnellement et/ou à travers tes œuvres te reconnaissent bien là !
    Merci de maintenir vivant cet esprit libre et stimulant.
    Jean Nieddu.

  • philou dit :

    Merci Jean,
    pour cet encouragement dont j’ai bien besoin, vu les intimidations auxquelles je suis confronté en permanence ici (ma position serait au minimum celle d’un « catho de droite » flirtant dangereusement avec des thèmes qu’on devrait laisser à l’extrême droite. Etc.).
    J’ai, comme tu l’as compris, au contraire peur que l’intransigeance de certains à ne pas vouloir discuter ou de refuser la possibilité de narrer notre identité, ne crée plus de problèmes et de fissures que la position contraire.
    Vouloir faire parler les gens, les gens du peuple (et non seulement les élites intellectuelles), pour mettre à plat les refoulés et les sous-entendus, en expliquant les positions dans l’ouverture d’une discussion pluraliste, même et surtout dans les comptoirs de bistrot (comme le café philo) etc. quel danger y a -t-il ? Pourquoi ce raidissement et ce ton crispé d’une partie des élites culturelles dès qu’on ose dire les difficultés que pose l’arrivée massive et récente (seulement depuis 40 ans) d’une nouvelle religion qui touche à notre identité : minarets, burqua, voile, polygamie, etc … ? La gauche, dans sa majorité, aurait-elle peur du débat démocratique ? hum ! hum ! C’est justement ça qui est dangereux ! Et c’est pour cela que je me démène un peu ces temps-ci, et toi, tu m’as bien compris. C’est pour ce motif que j’interviens, pour essayer d’orienter différemment sa position acquise et qu’elle répète sans vouloir en changer, malgré la nouvelle situation culturelle et civilisationnelle présente.
    Pour moi, la gauche ne peut avoir qu’une signification, celle que j’ai découverte en 68. La gauche m’a attiré tant qu’elle est restée fidèle à ce grand mouvement de remise en question des élites et des mœurs, soit la parole prise par le peuple. Le pire de tout, dans cette société où les média ont pris une importance considérable, est la confiscation des débats par les élites, la privation par le peuple de sa propre narration de soi. Ce seraient à eux, ces élites (politiques, médiatiques, culturelles), de juger que tel débat est dangereux, ou non, que celui-ci est correct politiquement, cet autre trop « populiste » etc. ? Mais, enfin, qu’est-ce que c’est que ça ? Mais, c’est cela même le contrôle, le pouvoir autoritaire, despotique, le Pouvoir tout court ! Les élites en 68 n’était en rien favorable à ce désordre étudiant, etc. et s’il avait fallu attendre leur autorisation morale, rien ne se serait passé. Le véritable intellectuel n’a jamais peur d’être populiste et il ne l’est jamais même quand il participe à des débats dits « populistes » par d’autres. Il faut débattre. Que l’occasion en soit donnée par le pouvoir en place (ou autrement parce que un écho, une rumeur issu de peuple le réclame implicitement), saisissons la pour tourner le débat à notre profit , l’empêcher de déraper, etc. Le pouvoir ne contrôle rien en fait (cette omnipotence est un fantasme paranoïaque), il est en permanence débordé : à nous de jouer et d’ouvrir, fendre, déstabiliser (déterritorialiser) ce qui nous semble vouloir nous attacher au sol, nous river à une identité ou à un territoire trop fermé. Nous sommes, quoiqu’on en dise, un peuple encore libre et mon objectif est de viser à renforcer la liberté de parole par tous les moyens.
    Qui a signé les pétitions en cours qui s’opposent à un tel débat ? Sont-ce bien là gens du peuple ? Cette interdiction morale, lancée par des noms prestigieux (mais pourquoi avoir besoin de ces « autorités » morales ? on s’en fout !) renforce la coupure élites/peuples, contre laquelle je me bats par mes café philos et mes livres écrits, et tout mon comportement concret dans la vie (que tu connais bien et que tu partages avec moi !). Ce ne sont pas ces gens-là , détenteurs du pouvoir intellectuel, qui vont m’intimider et donc, non et non, cent fois non, à cette interdiction de fabulation et j’en appelle les démocrates à faire une pétition contre la leur !

    J’espère bien avoir encore, malgré les ans, conservé intacte la volonté soixante huitarde de vouloir faire sauter les lenteurs, les stagnations, les conservatismes, les clichés qui bloquent la société française et dont souvent ces gens du pouvoir intellectuel et médiatique sont les porte-parole, malgré eux (je sais que j’en fais partie aussi). Il ne faut pas apparaître comme les confiscateurs de la parole du peuple et se méfier de l’ argument préféré en ce moment du côté de la gauche (hélas!) : « c’est du populisme ». Ce fut (et c’est toujours) l’argument préféré des partis autoritaires, comme il fut aussi celui des trots, des communistes, des stal, des maos qui ne sont en rien des modèles de partis démocratiques et que j’aurai aujourd’hui « honte » d’imiter ou de cautionner, puisque déjà en 68 il n’en fut rien !

  • RJ dit :

    Bonsoir,

    certes les débats sur l’identité nationale, européenne, humaine pourquoi pas à tout lieu d’être. Le problème et ce que l’on fait de ces débats et à quoi (qui) il servent. Tout ce que vous dites sur l’identité en général et votre critique de la frilosité, de la stupisdité de la gauche ancrée sur des principes dépassés et autoritaires est parfaitement recevable. Le problème de ce débat est qu’il semble parfois être le vecteur d’une « guerre » intellectuelle contre l’Islam, attaques injustifiées et irrationnelles parfois et dont la France à tout intérêt à se passer pour le maintien de sa santé déjà peu brillante, c’est ce que montre bien Emmanuel Todd dans son livre « Après la démocratie ». On peut se demander plus en avant qui a intérêt à ce que la diabolisation d’un Islam largement fantasmé, présenté comme un bloc homogène, passe dans les consciences collectives comme une critique dans la lignée des Voltaire et autres Lumières alors que la critique du judaïsme politique passe pour de l’hitlérisme pur et simple – donc la pire chose possible et imaginable – et vaut bien souvent les hurlements (pas la peine de poser la question du débat à ce niveau…),toutes les falsifications de propos possibles etc… Les conflits en Palestine et au Moyen-Orient, ne sont jamais loin de ces questions, conflits qui, si ils s’aggravent, ce qui risque malheureusement d’être le cas, nous promettent bien du mal, je crois que les intellectuels doivent être vigilants sur ces questions qui pourraient bien nous amener des revers de bâtons que n’ont pas envie et surtout n’ont aucun intérêt commun à subir bon nombre de Français…

    Bien à Vous

    RJ

  • philou dit :

    Merci de votre intérêt pour cet article.
    Vous m’opposez, je crois, des arguments tactiques; et c’est vrai que je n’ai pas pris en considération cet aspect des choses (« la  » politique).
    Mais, réduire la question à ces considérations, pour moi, c’est souvent un refuge pour ne pas s’interroger sur le fond du pb qui gêne tout le monde surtout la gauche (qui devrait être à l’avant garde de ces débats en fidélité aux lumières révolutionnaires françaises).
    Vous refusez une « guerre » (intellectuelle) contre l’islam. Moi aussi. Nous avons à opérer des distinctions salutaires : c’est sûr.
    Donc je peux partager votre prudence pratique, tactique. Mais sur le fond il y a pb et vous n’en parlez pas.
    Vous invoquez les « Lumières ». Rappelez-vous le combat de Voltaire contre le pouvoir des religions et le christianisme en particulier (écrasons l’infâme, etc.). Ce qui continue à être bon contre le christianisme serait injuste ou criminel contre l’islam ? bizarre !
    Auriez-vous renoncé, la gauche aurait-elle, pour ne pas faire de vague, remisé cette vigilance critique contre les religions politiques, contre le théologico-politique ?
    IL est possible que l’islam puisse évoluer en France et en Europe vers un statut voisin de celui qui depuis les Lumières et la laïcité est réservé aux religions (j’en fais le pari optimiste et c’est une espérance). Il faut donc les aider intellectuellement à cette difficile transformation en en reconnaissant le mérite. D’où la nécessité d’un débat permanent. On doit à mes yeux, les aider à se désolidariser (et à exprimer publiquement cette coupure) d’un islamisme politique à visée belliciste et terroriste. Mais pour faire tout cela, il faut du débat, débat, débat ! Les philosophes des Lumières seraient je crois effarés des positions dites aujourd’hui « progressistes » en France !
    Amitiés dissertatives

  • RJ dit :

    Tout à fait d’accord avec vous sur votre réponse, je suis partisan du débat et de tous les débats, débats contradictoires si possible. J’invite simplement à la prudence quant à la réduction directe entre identité nationale et sa contradiction en filigrane qui serait l’islamisme et en faisant des raccourcis, puisque la subtilité n’est pas souvent de mise dans le débat public, avec l’Islam en général. Il y a aujourd’hui 5 à 6 millions de musulmans en France, on peut éventuellement regretter mais il faut en tenir compte, et il semble que, dans l’ensemble, l’acculturation s’opére progressivement et plutôt paisiblement.
    je me demande personnellement qui a intérêt à ce que l’on parle tant de cette question de compatibilité entre Islam et République et, au-delà, de la question iranienne par exemple, l’Iran est un des pays les moins « en retard » du moyen-orient au niveau des moeurs, contrairement à l’Arabie Saoudite dont il n’est jamais question dans le débat public. J’ai une vision sans doute pessimiste mais je crains fortement que les problèmes en Palestine s’accentuent dans les prochaines années et que ces questions soient manipulées en france par le lobby sioniste qui a une influence évidente auprès des « élites » et qui tenterait de préparer les mentalités à la guerre. Imaginez-vous les tensions intérieures qu’impliqueraient un engagement véritable de la France avec les alliés d’Israël dans une guerre globalisée, compte tenu du nombre de musulmans dans le pays, guerre très risquée dans laquelle la Chine aurait tout intérêt à soutenir les puissances islamiques.
    La question de la religion au sein de la République est évidemment à prendre en compte, la critique de l’Islam et surtout de l’Islam politique doit pouvoir se faire par le haut dans la mesure ou toutes les autres formes de critiques envers cette politique des religions peut se faire. Vous parlez du christianisme sur lequel il est devenu complètement anodin de cracher, je ne peux que vous donner raison et il n y a plus guère que les abrutis de Charlie hebdo pour trouver cela transgressif, il semble que la critique du sionisme soit moins transgressive à leurs yeux.
    Je crois que la montée en puissance des communautarismes a largement mis à mal la « république des lumières » et que finalement ce concept vieux de 220 ans tout-de-même est à revoir et à redéfinir au moins pour maintenir la paix publique. Votre critique de la gauche empattée et dogmatique est tout à fait compréhensible, encore faut-il que la « droite » (je mets entre guillemets car ces distinctions n’ont à mon avis plus beaucoup de validité depuis la chute du communisme) au pouvoir ne s’empare pas des débats laissés vacants par ses biens lamentables adversaires pour soliloquer et nous entrainer vers le pire. Dominique de Roux disait avec Gombrowicz que la philosophie s’arrête à une rage de dent…

    J’espère me tromper, merci pour le débat.

    Amicalement

  • philou dit :

    Merci RJ
    de votre compréhension, ce qui est rare en ce moment sur ces questions souvent bloquées de part et d’autre.
    Je vous rejoins sur tout et surtout quand vous dites : « je crois que la montée en puissance des communautarismes a largement mis à mal la « république des lumières » et que finalement ce concept vieux de 220 ans tout-de-même est à revoir et à redéfinir au moins pour maintenir la paix publique ».
    C’est exactement ce que je cherche à faire dans mes travaux et articles ici ou là.
    « Votre critique de la gauche empattée et dogmatique est tout à fait compréhensible … »,
    Comprenez bien que c’est surtout à la gauche (même si ce mot s’est vidé de sa substance comme vous le dites) que la responsabilité de cette incurie incombe pour avoir non seulement déserté ces question fondamentales mais hurlé au scandale quand il a fallu se résoudre à les poser. C’est une manière d’autocritique que je fais pour elle et pour moi, car je suis avec tous les autres, issus de 68, responsables de cet aveuglement.
    Merci pour vos interventions et à la prochaine fois, peut-être