PEINDRE EN PROVENCE cours 2009-2010

PEINDRE EN PROVENCE – Présentation du cours 2009-2010

dates : 7 octobre, 10 novembre et 2 décembre

L »an passé lors notre méditation nous avons essayé de comprendre la force de la parole de Hegel : l »art est, pour l »essentiel, chose du passé.
Nous voulons comprendre l »art contemporain, son sens, sa destination. L »art d »aujourd »hui dans ses manifestations les plus à la mode, les plus voyantes, ne nous offre-t-il pas le spectacle d »un art qui serait l »art de la fin de l’art? Beaucoup de signes nous ont permis de mesurer la portée et la validité de cette haute et audacieuse pensée de Hegel : l »art de la fin de l »art est un art ironique, provocateur, conceptuel, minimaliste qui se retourne contre l »art lui-même. Il est donc possible ce n »est pas le jugement d »un béotien, ou d »un idiot abruti par la consommation capitaliste, qu »à part cette auto-deconstruction de l »art, l »art n »ait plus rien à nous dire de sérieux, de « substantiel », comme dit Hegel.
Nous sommes toujours dans ce même questionnement que nous poursuivons car nous en avons compris sa légitimité, grâce à l »Esthétique de Hegel. Mais cette année nous allons nous diriger vers le thème du sublime, et en particulier du sublime kantien. Pourquoi ?
Réponse qui anticipe sur tout le cours de l »année qui vient : l »enjeu philosophique du sublime est de poser la question de l »essence de l »art, et peut-être de tracer un ligne de pensée qui s »émanciperait de Hegel ou du moins nous permettrait de comprendre le cercle dans lequel il se meut et nous meut encore aujourd »hui avec lui.
L »idée serait que l »auto-déconstruction de l »art ne serait pas tant le signe d »un épuisement, donc d »une mort, mais relèverait d »une volonté active, affirmatrice qui cherche à travers la torsion et la souffrance imposé au sensible à faire dire au sensible ce qu »il ne peut dire. S »attaquer au sensible en tant que tel c »est tenter de sortir ou de modifier le statut de l »esthétique (aistésis= sensibilité). Mais alors nous ne sommes plus dans une esthétique du beau (puisque le beau est la manifestation sensible de l »Idée : Hegel). Nous quittons l »esthétique du beau où se situe seulement Hegel, ou bien nous proposons une autre esthétique. Peut-il y en avoir deux ? Une du Beau et une autre qui serait esthétique d »autre chose, qu »on dira être celle du sublime.
Hegel aurait définitivement raison si le beau n »avait pas toujours, dès le départ, été travaillé par une esthétique du sublime, et du sublime à prendre en un sens kantien ou voisin de lui.
Ce que cela recouvre plus concrètement, laissons-nous le temps de le chercher au cours de cette année.

Philippe Mengue

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