Présentation du dernier cours de Ph Mengue, du 27 novembre à L’UPA

Annonce du troisième et dernier cours de Philippe Mengue,

du 27 novembre à L’UPA, à 20h (à la faculté des sciences, à 100m de Sainte Marthe)

Je continue de suivre l’élan donné par Kant à la modernité, soit le fil d’une croyance ou d’une foi qui soit indépendante du savoir (qui ne soit pas un dégradé de savoir, un sous-savoir) et interne à une pratique, à un mode d’existence.

Nietzsche et le christianisme primitif vont nous aider à dégager, non une croyance rationnelle (« dans les limites de la simple raison », Kant), mais une pure croyance, soit une croyance sans objet et sans dogme, sans savoir ni institutions (Eglise), sans transcendance. Qu’est cela ? Est-ce possible ? Je dirai que nous sommes, en fait, dans l’obligation d’écrire une nouvelle Critique, « La Critique de la croyance pure ». Et c’est Deleuze qui vraiment nous aide à en jeter les bases.

Cette pure croyance, qui ne serait que croyance, est la croyance en ce monde-ci ; le royaume de Dieu n’est pas au ciel, il est aujourd’hui, ici-maintenant (Nietzsche, saint Luc). Mais la difficulté est que nous ne croyons plus en ce monde justement (Deleuze, Image-Temps, C2, p.213). Nous en somme coupés. C’est la schizophrénie propre à la modernité. Quelque chose a été cassé. Nous ne pouvons plus croire ni en un autre monde ni en un monde autre, càd transformé par la Révolution (communisme = religion de ceux pour qui la religion est un opium !…). Il s’est vraiment passé trop de choses, trop de catastrophes… Alors, nous les modernes, càd, ceux d’après la Shoah, les camps, le goulag, les dernières révolutions démocratiques en orient…, comme dans les films d’après-guerre, nous n’agissons plus, nous ne réagissons plus (comme c’était le cas dans le cinéma d’Image-mouvement, premier tome), nous regardons les événements comme ne nous concernant plus. Nous sommes des voyants, errants, nomades (« Lost in translation »), des zombis… Le monde est devenu un cinéma, faits de clichés fossilisés… comment y croire ? Comment retrouver un corps en ce monde-ci ?

Cette question exigeante, difficile, parce qu’elle nous confronte à un « impossible », ne doit pas être abandonnée. Elle nous invite d’abord à revenir en-deçà des clichés qui paralysent la pensée et l’action (avec des vieilles opposition comme par exemple, athéisme/croyance, Raison/Foi, religion/savoir…). Ouvrons, fissurons… les savoirs et lees opinions dominantes… (ce que j’ai essayé de faire durant ces trois cours). Ce sont les conditions d’une foi nouvelle, sans transcendance, sans dogme ni savoir, sans institutions ni organisations politiques.

Et, soyez sûrs que  cette  « minoration » dans la pensée n’est pas une carence, mais un plus pour affronter l’Ordre des nouvelles formes de gouvernementalité familiales-libérales-sociales-démocrates qui nous assujettissent autant que les anciens pouvoirs souverains !

Publier
[del.icio.us] [Digg] [Facebook] [Google] [LinkedIn] [Reddit] [Twitter] [Email]