Reprise des cours à l’UPA – Avignon

chers amis,

L’Université Populaire d’Avignon reprend ses cours

Je commencerai, le mardi 4 nov 2014 à 18h30, au grand amphi, suivi d’une autre séance à 20h à la Faculté des sciences (études de quelques textes et dialogue avec le public).

Quelques éléments pour une critique de la démocratie
En partant de phénomènes concernant les restrictions sur la liberté d’expression au sein des démocraties « avancées » et libérales qui sont les nôtres, et en m’appuyant sur un auteur comme Léo Strauss (La Persécution et l’art d’écrire), je tente de dégager une interrogation critique sur les Droits de l’Homme qui sont au fondement de cette démocratie : quel rôle leur fait-on présentement jouer ? Pour l’émancipation, comme ce fut le cas au XVIII°, ou en partie pour éradiquer des formes de résistance et exercer un rôle tyrannique ? Pour promouvoir de plus en plus une « démocratie d’indistinction », une démocratie qui soit de plus en plus homogène et lisse, adaptée au capitalisme mondial (grâce à la liquidation des poches de résistance qui restaient après la religion, mélange et disparition des cultures et des cultures politiques, harcèlement aux identités, abolition des Nations, démantellement de la famille…). Ce qui est interrogé c’est le rationalisme des Lumières (et le notre, avec sa bien pensance) et la pensée normativante qui est au fondement de la démocratie contemporaine, avec les Droits de l’Homme. Sade y sera convoqué.

La visée, on s’en doute, n’est pas de soutenir une négation de la démocratie (qui aboutit à l’enfer de la guerre civile et au terrorisme armé) mais de procéder à son « ouverture ». Ouverture à autre chose qu’elle-même et qu’elle devrait pouvoir ne pas refouler (en le mettant au compte de l’archaïsme et du néo-conservatisme, par exemple). Nécessité donc d’une ouverture, à partir du monde et du politique, à ce qui est autre (autre que le monde et le monde politique), à savoir le non sens ultime qui annule ses droits fondamentaux et qu’elle recouvre et interdit, à sa manière, de parole. Cette ouverture serait peut-être une des conditions de son renouvellement si nécessaire, s’il peut du moins encore y en avoir un.

Voici des auteurs contemporains qui sont capitaux pour cette question, quoique peu lus du grand public :

Jean-Luc Nancy  :

— La Communauté désœuvrée, éd. Bourgois, 1986

— La Vérité de la démocratie, éd. Galilée, 2008

Maurice Blanchot :

— La Communauté inavouable, éd. De Minuit, 1883

Chez ces auteurs, dont

Derrida,

— Le concept du 11 septembre, (avec Jürgen Habermas), éd. Gallilée, 2004,

— Cosmopolites de tous pays, encore un effort ! éd. Galillée, 1997,

la philosophie de Heidegger commande de façon sous-jacente nombre de concepts et de questions. En alternative, si c’en est une, voir

Alain Badiou,

— L’Hypothèse communiste, éd. Lignes, 2009 ;

— D’Un désastre obscur, éd. de l’Aube, 1991 ;

voir aussi :

Jacques Rancière,

— La Haine de la démocratie, éd. La découverte, 2005

Le mieux se trouve peut-être, quand on n’a pas trop de temps, dans un aperçu d’ensemble donné par un collectif d’auteurs dans : La Démocratie, dans quel état ? , éd. La fabrique, 2009

Philippe Mengue
Chemin de l’Oratoire
84480 BUOUX
0490746410

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