ligne de fuite

Présentation de « Marcher, courir, nager, le corps en fuite »

La Mémoire du Monde vous invite

Jeudi 02 avril 2015 à 19h

Rencontre avec
Philippe Mengue
pour son ouvrage

Marcher Courir Nager
le corps en fuite
Editions Kimé

présentation par Daniel Liotta, professeur de philosophie en classes préparatoires au lycée Mistral

« Cet essai n’envisage du sport que ses activités élémentaires, marcher, courir, nager. Il ne constitue une étude ni historique, ni sociologique, ni psychologique du sport. ll se consacre à en dégager sa portée philosophique, métaphysique. Il s’agit de saisir le sens (« spirituel », si l’on veut) qui se trouve être immanent aux exercices corporels et qui rend raison de la joie ou ‘jouissance’ qui leur est inhérente. Si bien qu’il apparaîtra que les sports contemporains dits de ‘glisse’ se trouveront constituer la ligne hégémonique qui traversait déjà les sports anciens quand ils parvenaient à leur accomplissement interne (et qui n’a rien à voir avec les records ou les exploits). Le sens le plus haut et le plus beau du sport ne réside ni dans les victoires dans les compétitions, ni les honneurs d’être champion, ni dans les prix et les récompenses, mais en lui-même. On montre que son sens et sa jouissance propres résident dans un affect spécifique, le sentiment d’indéfinitude, affect ressenti dans et par la ligne de fuite qui entraîne le corps sportif quand il est porté à son excellence propre. »

Librairie la Mémoire du Monde 36 rue Carnot  84000 Avignon
tel 04 90 85 96 76, lamemoiredumonde@yahoo.fr

Le corps en fuite de Philippe Mengue

Philippe Mengue, agrégé et docteur d’Etat en philosophie, a publié de nombreux essais, dont, aux Editions Kimé, une étude sur Deleuze, Le Système du multiple, et sur Sade, L’ordre sadien. Récemment il a fait paraître : Faire l’idiot, la Politique de Deleuze, Germina, 2013. A paraître, chez Kimé, automne 2015 : Espaces et lignes de fuite 

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Questionnaire

  1. QUESTIONNAIRE
  2. pour présenter le dernier livre de Philippe Mengue, Faire l'idiot. La politique de Deleuze, paru aux éditions Germina, fev 2013

  3. 1) Qui êtes-vous ? !

Question simple, naïve et spontanée à laquelle je répondrai avec la même simplicité et naïveté (pour éviter les abîmes d'interrogation et le vide qui s'y profilent).

Je suis un professeur de philosophie qui a enseigné avec bonheur et qui a toujours privilégié la recherche de nouveauté. Je me suis passionné pour la philosophie française contemporaine et j’ai eu pour maîtres les grands philosophes des années 70 dont Lyotard, (avec qui j’ai fait ma thèse sur Sade), Foucault, Deleuze, Lacan, Derrida…

Face à la bureaucratisation toujours plus pointilleuse et mesquine de nos vies privées (nouvelle forme de gouvernementalité qui n’est de l’ordre ni d’un fascisme ni d’un totalitarisme), ces auteurs nous apprennent, toujours aujourd’hui, à dégager des lignes de fuite, de liberté et de désir, qui fournissent comme une forme de réponse, de résistance à notre situation actuelle.

Mes recherches actuelles, hormis la pensée de Gilles Deleuze, concernent une métaphysique du sport (à paraître chez Germina) et la sorte de mystique (« païenne » ou d’immanence) qui me semble faire relais à une Europe lasse de la médiocrité de son matérialisme sans souffle et si pauvre en création.

  1. 2) Quel est le thème central de ce livre ?

Nous avons besoin d’une autre pensée du politique, non axée prioritairement sur le pouvoir de l’Etat, sur les partis politiques qui visent à le conquérir, sur le sens enfin de l’histoire et de son supposé progrès. L’intérêt de la philosophie politique de Gilles Deleuze, est de nous aider à penser une « micropolitique » dont le personnage de l‘idiot en est le modèle figuré, concret, très parlant.

L’Idiot et non l’imbécile. Il nous faut en effet un personnage de ce type qui se soustrait aux savoirs arrogants des partis et des visions du monde, pour, grâce à sa simplicité, ouvrir le champ du problématique sous l’institué (faire apparaître le contingent dans le nécessaire et le doute sous l’évident), et, par là, se rendre sensible, réceptif aux nouveaux possible qui se cherchent.

La philosophie de Gilles Deleuze est beaucoup plus simple et abordable qu’il n’y paraît, elle part d’une intuition largement partagée, et surtout elle ne peut être réduite à la sorte de gauchisme révolutionnaire à laquelle on l’assimile trop souvent.

  1. 3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

Faire l’idiot est la tâche de la philosophie (Deleuze) et permet à la politique de ne pas se réduire à une simple gestion et à une police.

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

Par exemple le chant de l’oiseau, frais et gai, ironique, qui, dans le Siegfried de Richard Wagner, accompagne dans la forêt le héros ingénu, sans savoir, qui ignore tout, même la peur et ne rêve que de courir le vaste monde à la recherche d’aventures.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

J’aimerai les faire accéder à une compréhension claire et aisée de la pensée de Gilles Deleuze et leur faire partager une certaine complicité quant à sa conception de la politique de l’idiot.

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